Cette page vous présente l'exposition
réalisée par l'association

"le castor chez nous" .

FICHE TECHNIQUE:

appercu de l'exposition

Options :

    1. DESTRUCTION CONTEMPORAIRE DU BIOTOPE
    2. MORTALITE
    3. PROTECTION ACTUELLE
    1. PEUT-ON LE VOIR?
    2. COMMENT L'OBSERVER?

Re-introduction

 
HISTORIQUE

Le castor est présent pratiquement partout en Gaule jusqu'au VIIème siècle. Douze siècles plus tard le castor européen est, en France, au bord de l'éradication . Comment a t-il pu en être ainsi ? En 875, par avidité, Charles le Chauve institue les Bévarii (lieutenants de castors) chargés d'organiser la chasse du castor.

Ainsi débute "la longue traque":

 

Chassé pour la peau et la mode: sous St Louis, un porc coûte 9 fr., la dépouille d'un castor 120 fr. les chapeaux feutres de Napoléon coûtaient 60 fr. pièce (on les nommait " castors ").

Chassé pour la chair, décrétée maigre par les religieux qui, s'appuyant sur l'aspect écailleux de la queue, le classaient parmi les poissons.

Chassé pour ses glandes (odorantes) à Castoréum, utilisées abondamment en pharmacopée.

Chassé pour une prime de 15 fr., dès 1880, allouée (par stupidité) par le Syndicat des Digues du Rhône, lors des premiers aménagements du fleuve.

Ailleurs en Europe, le sort du castor fut encore plus dramatique puisque, à cette époque, il a déjà disparu de pratiquement tous les pays. Les massacres et la disparition à court terme du castor européen effrayèrent certains hommes de bon sens qui, tout en faisant connaître les mœurs du CASTOR du RHONE, sensibilisèrent l'opinion publique à sa protection.

  • 1891, VALERY-MAYET: abrogation de la prime de destruction
  • 1909, GALIEN MINGAUD: protection officielle du castor dans le Gard, le Vaucluse et les Bouches du Rhône

IL ETAIT TEMPS !

Ces mesures directes ont ainsi permis de sauver le Castor du Rhône de l'extinction:

  • conservation et maintien des effectifs survivants
  • reconquête naturelle (dans notre région) de zones où sa présence n'était plus qu'un souvenir (à la faveur de milieux alors considérés, par l'homme, comme étant inhospitaliers et économiquement nuls).

DECOUVRIR LE CASTOR DU RHONE

 

1. QUEL EST SON NOM SCIENTIFIQUE?

Le nom scientifique d'un animal est toujours composé de 2 parties : les noms du genre et de l'espèce.

 

Celui du castor Européen est : CASTOR Fiber (Linné 1758).

Pour éviter d'entrer dans l'épineux problème de la systématique, nous dirons que notre Castor du Rhône est simplement une forme géographique de CASTOR Fiber. Son nom en vieux français est BIEVRE (jusqu'au XVIIème siècle), et VIBRE en Provençal.

Il appartient à la Super Famille des CASTOROIDEA, Gill 1872 et à la Famille des CASTORIDAE, Gray 1821.

 

2. PALEONTHOLOGIE ET PREHISTOIRE

A l'Oligocène (environ 35 Millions d'années) parmi les divers groupes de rongeurs qui se sont constitués figurent les Castors (au sens large):

  • un genre existe en Europe : - STENEOFIFER
  • plusieurs genres existent en Amérique du Nord : - PALEOCASTOR - AGNOTOCASTOR

Bien que terrestre, le genre Sténéofiber est considéré comme le plus proche de la lignée aboutissant au CASTOR, dès le Mio - Pliocène (Pontien: environ 5 Millions d'années)

Enfin, il faut signaler 2 genres éteints qui ont vécu au Quaternaire en même temps que le Castor :

  • Eurasie: le TROGONTHERIUM (plus grand que CASTOR Fiber)
  • Amérique du Nord : le CASTOROIDES (castoridé géant de la taille de l'ours brun).

CASTOR Fiber est très abondant en Europe centrale et occidentale pendant le Néolithique et l'âge des métaux. (à noter, l'utilisation des os du castor au titre d'outils)

 

3. EST - IL GROS?

Le castor est le plus gros rongeur d'Europe.

  • Poids moyen de l'adulte : 20 / 25 kg (certains individus peuvent atteindre 30 kg, voire exceptionnellement 38 kg.
  • Longueur du corps : 1,10 m ( dont 30 cm de queue ) environ.

4. ADAPTATION A LA VIE AQUATIQUE

Il est adapté à la vie aquatique : pattes arrières palmées, queue servant à la nage, fourrure imperméable. Ses oreilles ( petites et arrondies ) et ses narines se ferment sous l'eau. C'est un excellent nageur. Il peut parcourir 300 m sous l'eau en 5 à 6 minutes et tenir immergé jusqu'à un quart d'heure. Pour s'aventurer hors de l'eau, le castor est très prudent : il sort d'abord le museau tout en écoutant attentivement.

le castor à la nage

 

5. S'ELOIGNE T-IL DES BORDS DE L'EAU?

Sur terre le castor a une démarche lente et gauche. Conscient de sa vulnérabilité, il ne s'éloigne guère à plus de 30 m de l'eau. Il peut marcher sur ses quatre pattes ou, suivant les circonstances, debout sur ses membres postérieurs. Le galop court est possible.

 

6. SA FOURRURE

Le pelage brun - roux recouvre tout le corps et la racine musculaire de la queue. Il est formé d'une bourre abondante, fine et soyeuse ( assurant une protection thermique ) et de longs poils plus raides : les jarres ( assurant l'imperméabilité ). Le castor peigne, fréquemment, sa fourrure afin de redistribuer l'huile naturelle et ainsi la réimperméabiliser à l'aide de ses pattes antérieures.

 

7. SA QUEUE

Le castor est le seul animal à présenter un tel attribut si remarquablement caractéristique. Elle est constituée d'un tiers par un muscle caché par la fourrure et de deux tiers visibles de consistance tendineuse et de tissus adipeux. La queue est recouverte d'une peau faussement écaillée.

la queue écailleuse du castor

Elle constitue une réserve alimentaire :

  • un castor adulte peut vivre facilement plusieurs jours sans prendre de nourriture.
  • l'observation de la queue d'un castor donne une bonne idée de son état général.

Elle sert de gouvernail de profondeur à l'animal et de propulseur dans sa nage immergée.

Elle a un rôle important de par sa masse et sa puissance dans la marche bipède utilisée par le castor suivant les circonstances ; ainsi que dans la lutte.

Elle lui sert de contrepoids lors qu'il transporte dans l'eau un fardeau ou lorsqu'il est obligé de lever la tête pour manger.

La queue donne aussi un signal d'alarme lorsque l'animal est inquiété :

signal d'alerte en cas de danger

le coup frappé à la surface de l'eau est très violent ( l'effet peut être dissuasif envers les prédateurs éventuels ).

Elle est un important organe de régulation thermique, apportant des calories quand il est nécessaire ou à l'inverse les cédant au milieu extérieur.

 

8. SES PATTES

Ses pattes antérieures ne sont pas palmées et possèdent 5 doigts terminés par de puissants ongles qui entre autres permettent de creuser son logis. Ceux sont de véritables petites mains qui lui servent à manipuler avec précision les branches, à pétrir la boue ou à prendre ses aliments.

Ses pattes postérieures sont palmées, servent de "rames" et ont également 5 doigts (1 ongle double lui servant de peigne).

 

9. SES DENTS

Les incisives sont taillées en biseau :

  • leur croissance est permanente
  • dans l'action d'abattage, les incisives supérieures servent d'appui, tandis que les inférieures, mieux affûtées, font office de véritables ciseaux à bois. Elles exercent une force de 80 kg (le double de celle de l'homme).

Deux carrés de poils raides et courts (les "brosses labiales") obturent la bouche, protègent la muqueuse et empêchent les copeaux d'abattage de pénétrer accidentellement dans l'arrière gorge.

Les prémolaires et molaires font office de broyeur.

Formule dentaire : 1013 / 1013

 

10. QUE MANGE T-IL?

Le castor est strictement végétarien. Il ne mange jamais de poissons ! A la belle saison son régime est varié : plantes aquatiques, plantes herbacées terrestres (Armoise et Topinambour, notamment) mais aussi jeunes pousses de saules et de peupliers ainsi que leurs feuilles.

De l'automne au début du printemps, il ne peut évidemment, se nourrir que de l'écorce de ces arbres. (les branches écorcées des arbres abattus sont souvent utilisées sélectivement comme éléments de construction ou de réparation).

Il mange très près de l'eau mais surtout en eau peu profonde, en bordure de berge, prêt à plonger au moindre danger. Les reliefs de nourriture, accumulés souvent à la même place, prennent alors le nom de "réfectoire".

 

11. SON APPAREIL DIGESTIF

L'œsophage, exposé à des dommages mécaniques par l'ingestion de bois, se régénère rapidement. L'estomac est simple et de petite taille. c'est dans le caecum que s'opère la pré-digestion de la cellulose, base de l'alimentation du castor.

Le castor, comme beaucoup de rongeurs, pratique la coecotrophie (sorte de rumination) qui lui fait ré-ingurgiter à la sortie de l'anus des boulettes alimentaires pour un deuxième tour de circuit digestif.

crottes

Les crottes finales, brunes, inodores et très friables (fibres ligneuses) sont toujours déposées dans l'eau où elles se désagrègent.

 

12. COMBIEN LA FEMELLE FAIT-ELLE DE PETITS?

Le castor est adulte à l'âge de 2 ans. Il pèse alors environ 18 kg.

Le couple est fidèle et durable.

La femelle est féconde de décembre à avril. Le rut est maximum en février. La gestation dure un peu plus de 3 mois. La naissance, UNE SEULE FOIS PAR AN, des castorins (1 à 3 chez nous) intervient en mai. Ils naissent les yeux ouverts, ont des incisives et sont couverts d'un épais duvet. Ils pèsent environ 500 gr.

une famille de castor au complet

La femelle, qui possède 4 mamelles, allaite ses nouveau-nés pendant 6 semaines environ. A l'âge de 4 semaines les jeunes commencent à consommer de la nourriture végétale. Les jeunes ne sortent pas, en principe, du logis avant 2 ou 3 semaines. Ils sont alors très vulnérables.

 

13. VIT-IL EN GROUPE?

Les castors ne vivent pas en colonie mais en unité familiale. Une famille de castors comporte, en général, les parents, les jeunes de l'année et ceux de l'année précédente soit en moyenne 6 individus.

Ils interdisent leur territoire à leurs congénères. Chaque hiver les jeunes de 2 ans sont chassés et vont chercher un autre territoire. Il ne peut donc y avoir de fortes concentrations.

La femelle occupe hiérarchiquement la première place. Elle ordonne, choisit et prend la plus grosse part des travaux. Le mâle assure la surveillance et la sécurité du territoire.

 

14. LE VOCAL, LE SONORE, L'AUDITIF

Le grincement de dents et le souffle sont à interpréter comme des menaces. Effrayé, inquiété ou excité, quand il nage, le castor donne un coup de queue au spectaculaire effet sonore. Ce bruit porte loin et est compris de tous.

Les cris de mauvaise humeur, de sympathie, de la mère nourrissant, des jeunes, etc. , très variés dans le registre vocal, sont importants dans la communication de l'espèce.

 

15. L'OLFACTIF

L'odorat est le plus important des sens de communication. Le castor possède une glande spéciale "information": la glande à CASTOREUM. Plus de cinquante corps entrent dans sa composition chimique. Cela dénote la richesse des informations: sexe, âge, santé, groupe social, étendue du territoire, intentions. . . Le castor "borne" avec cette sécrétion, les endroits stratégiques de son territoire.

Il marque son chemin avec ses glandes anales.

 

16. LE TACTILE ET L'EFFORT

Le castor recueille peu d'information par sa vue mal adaptée. Par contre une silhouette en mouvement, ou même immobile sur fond clair, est parfaitement repérable par l'animal.

Aidé par sa mémoire, il connaît rigoureusement son environnement. Toute forme insolite, hors de portée de son odorat, attire son attention.

Le sens de la position dans l'espace représente, associé à la mémoire, une synthèse des autres sens. Cela explique que le castor, animal crépusculaire et plus encore nocturne, puisse s'activer avec précision dans l'obscurité terrestre et aquatique.

 

17. LE VISUEL ET LA POSITION DANS L'ESPACE

Ces deux sens permettent au castor :

 

d'apprécier la dureté du bois et le sens de ses fibres

de manipuler et utiliser des branches de différents diamètres dans le cadre de son alimentation ou de ses constructions

d'en jauger le poids par rapport à la dimension

de détecter une baisse de niveau de l'eau de choisir l'emplacement de ses édifices (seuils, dureté...)

 

18. OU VIT-IL?

Le castor est un animal ni totalement aquatique ni totalement terrestre. Il cherche sa nourriture sur les berges.

Par contre "il n'y a de castor heureux que dans l'eau", son plus sûr refuge !

Nous rencontrons le castor :

  • dans le vieux Rhône (La où il n'y a pas encore de béton !)
  • dans les lônes, les bras morts, les bassins de crues
  • dans les résurgences
  • dans les contre canaux artificiels de la Compagnie Nationale du Rhône et autres canaux divers
  • et sur les ruisseaux et rivières bien sûr.

 

milieu naturel idéal
lit de la rivière drôme
terrier-hutte dans un contre canal

 

Il s'installe uniquement où le milieu lui offre de bonnes possibilités de vie, donc là où il trouve à la fois :

  • de l'eau (au moins 30 cm de profondeur avec un faible courant)
  • des berges fouissables
  • une nourriture de choix à proximité immédiate de l'eau. (certains endroits surprennent par leur non-conformité!)

19. INDICES DE PRESENCE

Il est rare de rencontrer les castors.

ILS SE MEFIENT DE L'HOMME, LEUR SEUL ENNEMI.

Leur activité est donc surtout nocturne ! Par contre nous pouvons observer de jour les indices de leur présence:

  • bois écorcés "flottés"
  • arbres abattus ( en "pointe de crayon" ) au voisinage de l'eau
  • branches taillées en biseau · réfectoires
  • "toboggans" ou rampes d'accès dans les berges qu'ils utilisent pour sortir et entrer dans l'eau
  • constructions de terriers-huttes et de barrages
  • empreintes de pattes ou traces sinueuses de la queue
  • dépôts odorants de castoréum sur divers supports
  • excréments déposés sur la grève lors du retrait des eaux.
toboggan
écorcage
empreintes  des pates arrières
dépot de castoreum

 

 

20. OU SE CACHE SON LOGIS?

L'habitation principale se compose toujours des éléments suivants :

  • tunnel(s) d'entrée sous l'eau;
  • salle à manger: le castor y travaille les tronçons de bois (nourriture, litière), y fait un brin de toilette et s'y ébroue pour sécher sa fourrure;
  • chambre d'habitation: située au-dessus de la salle à manger et bien entendu au-dessus de l'eau, bien protégée par des branchages colmatés de boue et d'herbes aquatiques. C'est là que le castor repose sur une litière de copeaux bien secs et que la femelle attend et allaite ses petits;
  • cheminée d'aération recouverte de bois. Cet espace a une température douce et reste très propre, le castor ayant pour habitude de faire ses besoins dans l'eau. (Le castor possède, sur son territoire, plusieurs logis à vocations différentes).

Le castor d'Amérique du Nord (CASTOR Canadensis , kuhl 1820) a toute liberté pour gérer un grand nombre de rivières et de lacs et construire une hutte visible entourée d'eau (images vues et revues!).

A la différence de son cousin d'Amérique, notre castor doit et sait se montrer plus discret ! Il habite un terrier qu'il creuse dans la berge. L'entrée est toujours sous l'eau. En cas d'effondrement ou de baisse du niveau de l'eau, le castor compense par apport de bois : le terrier devient alors un terrier-hutte.

évolution du logis en fonction de la berge

C'est l'habitation que nous rencontrons le plus souvent. Nous trouvons aussi la forme "insulaire" de ce type de logis lorsque les eaux ont isolé et immergé la portion de terre sur lequel il est édifié.

  • Si la berge l'empêche de creuser, il peut construire une hutte "de berge".
  • Plus rare, la hutte "île" entièrement faite de bois est construite sur un haut fond.
  • Dans les gorges rocheuses, il utilise, s'il en existe, des cavités naturelles.

 

21. POURQUOI CONSTRUIT-IL DES BARRAGES?

Les constructions les plus spectaculaires des castors sont les barrages. Ils servent à :

  • créer un plan d'eau qui permet le transport du bois avec aisance
  • maintenir le niveau de l'eau pour conserver l'entrée immergée de son logis
  • étendre son domaine vital si la nourriture devient trop éloignée
barrage dans une lone
 
barrage sur un cours d'eau

 

Indirectement :

  • réguler le cours d'eau ( écrêtement des crues ) et ainsi à préserver les berges contre l'érosion
  • il contribue à créer ainsi des habitats pour de nombreuses espèces animales

Le barrage est fait de morceaux de bois sélectionnés, entremêlés ingénieusement, qu'il dispose contre le courant et qu'il "cimente" de boue, de pierres et de végétaux. Un castor ne peut supporter que l'eau ne se perde. Aussi il colmate les brèches, trous et siphons. Le castor s'avère être UN VERITABLE TECHNICIEN HYDRAULIQUE.

 

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22. COMMENT ABAT-IL DES ARBRES?

Le castor ronge l'arbre à sa base : d'un seul côté, sur les 2 faces opposées ou sur le pourtour ; cela est fonction de la taille et de la position de l'arbre.

Il ne sait pas diriger la chute d'un arbre.

L'arbre s'abat le plus souvent vers le cours d'eau: c'est tout simplement qu'il penche vers la lumière.

arbres attaqués et coupés
haie de peuplier attaqué
écorcage

Le castor abat des arbres dont le diamètre est variable. La durée du travail d'abattage est très variable.

 

   

PROBLEMES ET PROTECTION ACTUELS

 

 

1. DESTRUCTION CONTEMPORAINE DU BIOTOPE

Les mesures directes (conservation et maintien des effectifs survivants et reconquête naturelle) ont permis de sauver le Castor du Rhône de l'extinction, mais au début des années 1960:

  • aménagement et domestication du Rhône
  • incidences des événements coloniaux
  • essor agricole européen · remembrement
  • développement industriel
  • émergence et évolution des loisirs de plein air

- La brutale expansion économique a déjà fait fuir le castor d'un bon nombre de sites de reconquête.

- Cette régression se produit fatalement à chaque emprise de notre civilisation.

- L'homme (et ses bulldozers, pelles mécaniques, tronçonneuses,...) "traite" massivement et sans discernement les milieux humides.

- Les "aménagements", activités très en vogue actuellement (basés sur la psychose et l'intérêt à court terme) bousculent, bouleversent, rectifient, défigurent, détruisent de nombreux milieux actifs et potentiels.

- Le castor sinistré déménage sans cesse. Il est contraint de pénétrer dans des milieux EXTREMES pour s'assurer une précaire sécurité.

JUSQU ' OU ? JUSQU ' A QUAND ?

 

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2. MORTALITE

A ) - FACTEURS NATURELS :

- Les maladies: · tuberculose · pneumonie · septicémie · gastro-entérite.

- Combats territoriaux.

- Inanition (incisives cassées).

- Chutes et accidents naturels.

 

B ) - FACTEURS ARTIFICIELS :

- Circulation automobile.

- Puissants délestages de barrages hydroélectriques.

- Lourds filets de pêche (enchevêtrement et noyade).

- "Luttes" et campagnes d'empoisonnements visant à détruire d'autres espèces aquatiques.

- Travaux "d'aménagements":

  • enrochements
  • rectifications de berges
  • destructions de zones humides

- Actes de vengeance.

- " Cartons " imbéciles.

- La pollution (vecteur de maladies).

 

Les cas de mortalité que nous avons à traiter ne reflètent pas la réalité. Beaucoup nous échappent, soit:

- Par ignorance de l'existence de naturalistes spécialisés.

- Qu'il s'agisse de destructions volontaires.

- Qu'il s'agisse "d'accidents" que d'aucun se refuse à déclarer.

- Que certains castors meurent hors de vue.

- Que les cadavres, en état de décomposition avancée, interdisent toute autopsie.

Nous sollicitons votre assistance. Merci !

 

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3. PROTECTION ACTUELLE

LE STATUT DE L ' ESPECE EST DONC DE NOUVEAU FRAGILISE !

- L'homme est son seul ennemi.

- Le castor n'est officiellement PROTEGE, sur l'ensemble du territoire national, que depuis le 9 Juillet 1968.

- Il est interdit de le chasser, de le tuer, de le piéger, de le poursuivre, de le transporter, de le naturaliser.

- HELAS ! Cette loi, bien que renforcée par l'arrêté général du 17 Avril 1981, n'est pas suffisante pour soustraire le castor du Rhône du grand danger qui le menace:

LA DESTRUCTION ET LA REDUCTION DE SON ESPACE VITAL.

  • l'espèce, pour subsister, ne pourra se contenter de quelques "coins" çà et là
  • en définitive, l'espèce risque de disparaître si sa seule sauvegarde se cantonne dans des mesures de protection passives

- Réfléchissons à la portée de nos actes! Au long terme!

Notre sagesse doit nous inciter à léguer à nos enfants autre chose qu'un environnement désert et stérile.

 

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DEPREDATIONS ET PROTECTIONS

 

1. PLAINTES

- L'activité du castor se manifeste sur les boisements riverains.

- Motivations :

  • régime alimentaire ligneux
  • recherches d'éléments nutritifs spécifiques en relation avec le cycle végétatif
  • période de reproduction nécessitant d'importants besoins énergétiques
  • comportement constructeur

- La disparition artificielle de la ramière spécifique et protectrice n'est pas sans effet!

- Les déprédations s'exercent sur les sites où le castor, dès sa sortie de l'eau, est en contact avec une activité humaine intense.

- Les déprédations demeurent ponctuelles et très localisées:

  • 4,5 plaintes / an en Ardèche sur 12 ans
  • 4,7 plaintes / an en Drôme sur 10 ans (ramenées à l'échelle de la productivité agricole d'un département, elles sont inexistantes!)

- Le castor est capable de se nourrir de tout ce qui pousse dans une frange de pénétration terrestre de 30 à 50 mètres.

- Essences, cultivées, consommées et (ou) utilisées par le castor :

  • pommier
  • pêcher
  • abricotier
  • cerisier
  • prunier
  • poirier
  • peuplier de culture
  • maïs
  • tournesol

quelquefois :

  • la vigne
  • les conifères
  • les légumes

- Facteurs de provocation engendrant des déprédations: essentiellement de nature humaine.

- Une intrusion du castor, en domaine cultivé, provoque une réaction!

- Qu'est-ce qu'une "plainte" ?

Une "plainte" pour déprédations "imputables" au castor (venant troubler des intérêts économiques privés) est la résultante physique et psychologique de 7 facteurs essentiels révélateurs agissant isolément ou conjugués :

  • situation géographique
  • variable saisonnière
  • aspect politico-économique du moment
  • pression humaine sur le milieu riverain
  • ignorance: incompréhension de situations nouvelles
  • assistance ( besoin d')
  • intolérance: sens primitif du droit de propriété

- Analyser une "plainte" permet d'établir les causes de déséquilibre du domaine vital du castor, entraînant des problèmes conflictuels.

- Rechercher les paramètres permet d'y remédier afin de concilier les intérêts économiques des uns et les nécessités biologiques des autres.

 

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2. PROTECTIONS

- Protections mécaniques individuelles d'arbres cultivés, isolés :

schéma de protection des troncs

  • sac de polyéthylène (ou sac d'engrais)
  • toile tissée Bidim
  • manchon de fort plastique, aéré, de type Protectronc
  • manchon (à confectionner) en grillage tissé (à poules) de type Hexanet
  • manchon (à confectionner) en treillis soudé de type Casanet
  • manchon (prêt à l'emploi) de grillage métallique galvanisé

- Protections chimiques :

  • Masticon (goudron)
  • Cunitex, seul ou avec de l'huile de lin (en fixateur)
  • Chaux avec de l'huile de lin (en fixateur)

- Protections mécaniques des parcelles cultivées :

  • palissade de grillage (à poules)
  • clôture électrique

schéma de protection d'une plantation

- Protections des accès sur berge:

  • grilles anti-remontées (procédé Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) au niveau des têtes de drains
  • tôle ou sac de polyéthylène (badigeonné de Rubson liquide) posé sur le passage
  • colmatage (muret, clôture) de brèches de passage 30.

- Il convient en outre :

  • de conserver ou replanter une bande de végétation adaptée le long des berges
  • d'éviter l'extension de la culture à proximité immédiate d'un cours d'eau
  • de réglementer le curage, le recalibrage et l'enrochement aux seuls points stratégiquement "dangereux"
  • de respecter, vérifier et maintenir les systèmes de protections
  • d'appliquer, respecter et renforcer les lois visant à protéger le cadre de vie du castor du Rhône.

Toutes les méthodes énoncées sont adaptables au niveau de n'importe quel site pour peu que l'on veuille :

  • se donner la peine de conserver son "gagne pain"
  • de vivre en toute tranquillité avec son "voisin"
  • respecter la diversité des écosystèmes naturels.

Les riverains ayant quelques soucis causés par la présence du castor seront aimables de nous contacter. Vous pouvez également retrouvez ces informations dans un dossier complet ici:

 

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OBSERVATION

 

 

1. PEUT-ON LE VOIR?

- Vie crépusculaire et nocturne (comme beaucoup d'autres mammifères !).

- Nombreux indices de présence.

 

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2. COMMENT L'OBSERVER?

- L'observation du castor dans la nature fait appel à d'autres sens que ceux sollicités par les trépidations de la ville.

- Il faut réapprendre à regarder et écouter, à être attentif au moindre signe de la vie sauvage et à s'intégrer au rythme de la nature.

- Le plus facile est d'observer les signes de présence de l'espèce, mais encore faut-il savoir les interpréter!

- Le castor n'est pas facile à observer. Il faut beaucoup de patience et de persévérance.

- Il est nécessaire de tenir compte des rythmes d'activité. La meilleure période de l'année est juin / juillet (crépuscules tardifs, présence de jeunes, température ambiante agréable...).

- Des précautions sont à prendre :

  • se confondre avec le milieu environnant
  • ne pas bouger
  • ne pas faire de bruit
  • tenir compte du vent pour ne pas se faire "sentir"
  • etc.

- Se munir de jumelles et ne pas oublier de noter de façon précise ses observations.

- MIEUX ENCORE , participer aux activité de l'association "CASTOR ET HOMME…" et acquérir de nouvelles CONNAISSANCES en suivant ses stages.

 

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RE-INTRODUCTION  

- Le castor a occupé les cours d'eau européens jusqu'au XVIII ème siècle.

- En France, excepté son "berceau de survie" dans la Vallée du Rhône, seuls, çà et là, les toponymes rappellent l'existence passée du castor.

répartition du castor en france et en europe en 1909

- Cependant, grâce à des RE-introductions, le castor est désormais de retour dans plusieurs régions.

- Plusieurs motivations et facteurs président à la réintroduction:

  • sensibilisation pour le retour et la réhabilitation du castor, notamment sur les cours d'eau encore potentiellement favorables, là où jadis il était présent
  • prélèvements dans le cadre de la préservation d'individus (famille)
  • réservoir régional potentiel d'animaux permettant un prélèvement sans risque
  • sauvegarde de l'espèce, au plan national, par augmentation de son aire de répartition
  • restauration de cours d'eau
  • contribution à l'étude de l'espèce
  • intérêts pédagogiques

- Néanmoins, il convient de souligner qu'un projet de réintroduction doit faire l'objet d'études patientes et rigoureuses permettant d'apprécier:

  • la sécurité et la survie des castors
  • l'interaction potentielle sur le milieu humain

Attention aux initiatives " romantiques " ou pressées !

(Seule la Direction de la Protection de la Nature, du Ministère de l'Environnement, est habilitée à autoriser un déplacement de castor.)

campagne de capture par l'ONC

 

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